La Vie Intérieure

La Vie Intérieure

Le titre du bulletin


ÉDITORIAL

Bonjour à tous, bienvenue dans cette première édition de La Vie Intérieure. Avec ce bulletin mensuel, nous voulons initier une conversation avec vous, avec tous ceux qui cherchent inspiration et nourriture spirituelle. Ce bulletin évoluera au fur et à mesure de l'échange, aussi n’hésitez pas à réagir, à nous répondre, à nous partager ce qui vous a touché, ce qui vous a bousculé, ce qui vous a rejoint peut-être. Pour cette toute première édition, nous avons sollicité Katharine Hall. Anglaise, Katharine est une ancienne assistante à L'Arche en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, elle est sœur anglicane contemplative aux Pays de Galles, mais aussi peintre. A Katharine, nous avons posé cette seule question : « Qu’est-ce qui nourrit ta vie intérieure ? » et voici sa réponse.

Tim Kearney
 

Peindre avec Dieu


« Qu’est ce qui nourrit ma vie intérieure ? », voilà une bien étrange question : Y a-t-il une dichotomie entre l’intérieur et l’extérieur alors que je suis créée comme un tout ?

Chercher à nourrir ma vie intérieure m’a d’abord conduite dans les communautés de L’Arche, et ensuite à une vie de prière contemplative, où ma vie, intérieure comme extérieure, est enfin unifiée : je veux parler de ma vocation. Je ne fais qu’un avec la création tout entière. Et à cause de Jésus Christ, et en Lui, je ne fais qu’un avec le Père. Aujourd’hui, bien des choses me mènent à la plénitude de la vie, et à une relation approfondie avec Dieu. Avec le temps, j’ai découvert que le silence, la solitude, la lecture des Écritures et la participation à l’Eucharistie étaient pour moi les « notes basses » de la mélodie, c’est-à-dire ce qui la sous-tend et la soutient. J’ai découvert ces « notes basses » à travers les rencontres que j’ai faites, à travers les échanges autour de ce besoin profond d’être aimée. Cela m’a amenée à mon propre appel à l’amour, et à partager la vulnérabilité de Jésus, dont la vie est amour.

Cela m’a également conduite dans des lieux d’obscurité. J’ai éprouvé une douleur pour laquelle il n’y avait pas de mots. Pas de mots non plus pour mes attentes désespérées. Alors, j’ai commencé à peindre, à chercher et à trouver un autre langage. Je peignais avec mes doigts, en utilisant des pastels à l’huile. J’avais besoin d’être engagée physiquement dans cette conversation avec moi-même. J’ai répondu à mon propre cri avec des formes, avec des couleurs. J’initiais une conversation à travers le toucher, la vue, et le silence. J’ai laissé les couleurs me parler. J’ai écouté les images. Tout mon être était engagé.

Ensuite, j’ai partagé ces images, je les ai montrées, et une nouvelle conversation a commencé. Mais plus je peignais, plus je découvrais que la conversation fondamentale, c’était avec Dieu que je l’avais. Plus je devenais consciente de mon être, plus j’étais ouverte à écouter la Parole de Dieu donnée en silence dans ces lignes et ces couleurs. Le fait de peindre, de me concentrer de tout mon cœur, m’emmène au-delà de mes préoccupations égoïstes et d’un intérêt autocentré. J’écoute l’Autre. J’attends Sa venue. L’attention active nécessaire à la réalisation d’une peinture crée un espace nouveau et intime dans lequel Dieu vient. Il est présent. Il est là. Il nourrit mon cœur.

Les Écritures m’ont appris que Dieu était toujours tourné vers moi, et qu’Il espérait que je me tourne vers Lui, face à face. Quand je m’assois pour peindre, je me tourne vers Dieu. Chaque peinture est un acte de conversion. Ainsi, cette sensation, d’être tirée de mon obscurité et mise dans la Lumière divine, que m’apporte la peinture, je la retrouve quand je suis dehors, que je marche, que je cherche Dieu. Toute la création parle : le vent, la lumière qui danse à travers les feuilles en automne, l’air glacé de l’hiver, la promesse du petit matin, la démarche rapide du hérisson et, sur la toile d’araignée, la rosée brillante, devenue diamant. Toutes ces merveilles sont extérieures à moi, et pourtant elles font aussi partie de moi. Mon œil, mes oreilles, mon nez, ma main, mon pied dessinent ensemble ce merveilleux assemblage de couleurs, de formes et de vie, directement dans mon cœur.

Je deviens une avec la Création.

Alors, qu’est-ce qui nourrit ma vie intérieure ? Tout ce qui me permet de me mettre en présence de Celui qui m’aime.

M. Katharine SSC, Tymawr Convent, Pays de Galles

 

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